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La participation des citoyens musulmans aux élections présidentielles 2012
Au nom de Dieu le miséricordieux le compatissant, que la prière et le salut soient sur son prophète Muhammad, sa famille et ses compagnons.
Les savants sont unanimes sur le fait que la fatwa n’est valable que lorsqu’elle est émise par un savant qui maitrise les textes, connait la réalité vécue et sait traiter les problématique de la réalité à la lumière des textes révélés, comme l’a bien précisé l’imam Shatiby, Ibn Taymiya et Ibn Qayyim.
Il est étonnant de voir les musulmans vivre comme citoyens à part entière en occident et s’abstenir de voter comme leurs concitoyens européens malgré le fait qu’ils veulent les mêmes droits. Plus grave encore le fait de voir certains petits imams de quartiers qui interdisent aux citoyens musulmans de voter sous prétexte qu’ils participent au mal, tandis que la vérité c’est leur abstention qui leur apporte du mal.
Situation réelle :
Les musulmans en France sont aux nombre de 6 millions au minimum, pourtant et à cause de leur abstention des élections successives, ils n’ont pas un seul représentant dans les deux chambres du parlement.
Ils sont également présent dans chaque ville française et n’ont que très peu d’élus les représentants.
Est-ce normale qu’ils restent spectateurs des élections tandis qu’ils revendiquent des droits ? Est-il compatible de prétendre à une citoyenneté plénière sans assumer le droit civique de voter ? bien sûr que non selon les règles constitutionnelles et légales.
Preuves juridiques sur l’obligation de participer :
Du Coran : la sourate Joseph, le prophète Joseph propose lui-même de diriger l’un des ministères de Pharaon et d’organiser la collecte des céréales et les préserver soigneusement pour les redistribuer pendant les années de sècheresse qui ont frappé d'Égypte. Alors, Dieu nous a raconté cette histoire pour montrer que l’exemple de Joseph est bon à suivre dans un cas similaire et qu’un musulman peut participer à la gestion d’un état non musulman et contribuer à sa prospérité sur la base de citoyenneté. Pourtant Pharaon était le plus grand mécréant du monde puisqu’il a prétendu la divinité. (Lisez la sourate Joseph)
De la sunna : Dans la biographie du prophète l’on lit que le prophète a demandé aux musulmans d’immigrer chez le Roi chrétien d’Abyssinie avant même l’immigration vers Médine. Par la suite le Négus a embrassé l’islam et le prophète lui a autorisé de rester à la tête de son pays sachant qu’il pratiquait des lois non musulmanes surtout après avoir proposé l’islam à son parlement qui l’a refusé. Le prophète ne lui a pas interdit de gérer un état chrétien selon des lois chrétiennes. Ce qui montre que l’on ne peut pas seulement voter mais gérer un état non musulman avec des lois non musulmanes puisqu’on n’est pas majoritaire. (la biographie du prophète Ibn Ishaq et Ibn Kathir)
Règles juridiques :
a- « Ce qui concrétise une obligation est une obligation. » : (al-achbah wa al-nadayir Ibn Nujaym p. 91.)
• Si les musulmans ne participent pas aux élections, ils n’auront aucun effet sur les lois votés aux deux chambres parlementaires même quand ces lois sont contre leurs droits.
• La protection des acquis des descendants d’immigrés ne se réalise que lorsque les citoyens musulmans choisissent des représentants non islamophobes, non racistes et non antisémites.
• Leur participation pousse les candidats à considérer leur vote et à négocier avec eux certains points de leur revendication citoyenne.
• En plus la participation aux élections donnent une bonne image des musulmans et prouve leur intégration positive dans la société française, ce qui rassure leurs concitoyens et les encouragent à l’échange et le respect.

b- « Supporter le moindre mal…» (al-shatiby, muwafaqat 2/41) :
• Même si l’on considère que la participation aux élections ne concrétise pas tous les droits, cela n’empêche pas qu’elle préserve ce qui existe. Donc, préserver ces droits est une priorité nécessaire qui ne se concrétise qu’à travers le vote.
• Entre des candidats non musulmans et un candidat musulman, les musulmans doivent choisir le candidat musulman.
• Mais entre des candidats non musulmans les musulmans doivent voter pour celui qui comporte le moindre risque face à celui qui est islamophobe, anti-immigrés et raciste. Dieu dit : « Dieu ne charge personne au-delà de sa capacité…» (la vache 285) Coran par exemple entre Sarkozy, Hollande et Mélenchon, il est préférable de choisir le dernier, mais s’il ne passe pas il faut choisir le moindre risque Hollande. C’est une question de moindre mal selon la règle.

c- « La précaution de repousser le mal avant de concrétiser le bien…» (Ibn Taymiya siyasa shar’iya p. 5)
Les savants sont unanimes que participer à un travail pour repousser le mal et attirer le bien par précaution est une règle juridique reconnue chez les savants et donc, participer aux élections avec l’intention de repousser le mal s’impose même si on n’est pas sûr. Car « les actes ne valent que par les intentions. » comme dit le prophète.
d- « Considérer les finalités et les aboutissements…» (Ibn Rajab 137) :
L’imam Ibn Taymiya déclare que « si le Calife est en chois devant deux personnes pour diriger son armée, l’une expérimentée mais pas pieuse et l’autre pieuse mais manque d’expérience, il s’impose de choisir la plus expérimentée car elle sera plus utile aux gens. » (Le livre d’ibn Taymiya al-siyasa al-shar’iya p. 5) C’est exactement l’exemple entre deux candidats aux présidentielles.
L’imam al-Izz Ibn Abd Al-Salam dit : « on peut aider un infidèle s’il est utile aux musulmans et notre acte n’est pas considéré comme péché…tout comme on est obligé de payer une rançon pour libérer des otages musulmans…» (Le livre de qawa’id al-ahkam 1/87)
Et le prophète a dit : « …libérez le prisonnier…» (Bukhârî, chap. jihad n° 3046). L’imam Malik a dit : « cela veut dire qu’il faut payer à l’ennemi les rançons qu’il demande pour libérer les prisonniers musulmans même si l’on épuise toutes nos richesses… » si les savants sont unanimes pour donner de l’argent afin de libérer des prisonniers musulmans, il est loisible également par analogie juridique de donner son vote pour concrétiser un droit ou repousser un mal.
Les fatwas des savants musulmans reconnus sur le vote :
1) L’ancien cheikh al-azhar Gad al-Haqq a autorisé aux musulmans de participer aux élections pour défendre leurs droits et minimiser l’injustice à leur encontre. (revue al-azhar, décembre p. 618.)
2) Le cheikh Qaradawi qui a dit qu’il est interdit aux musulmans de négliger le vote en occident car il est le moyen qui leur rapporte plus de droits, ce vote est l’équivalent d’un témoignage pour le bien car Allah dit : « et que les témoins ne s’abstiennent pas lorsqu’ils sont appelés à témoigner…» (la vache 283) et « ne faites pas rétention de témoignage car celui qui en fait rétention a le cœur pécheur…» (la vache 283)
3) Le Mufti d’Egypte Nasr Farid Wasil, il a dit : « la maison de fatwa d’Égypte ne voit pas d’interdit de rentrer dans les élections pour les hommes et les femmes que ce soit en tant que candidat ou électeur, et la preuve en cela c’est l’allégeance de la ‘aqaba lorsque les hommes et les femmes ont participés au pacte avec le prophète, et Dieu dit : - ô gens nous vous avons créé d’homme et de femme et fait de vous des peuples et des tribus pour échanger, le meilleur parmi vous est le plus pieux…» (les appartements 13)
4) Le cheikh Faycal Mawlawi Mufti du Liban a dit : « le devoir du musulman vivant en occident c’est de contribuer et participer en tous ce qui aide et rend prospère les musulmans et leur facilite la vie et leur donne une bonne image face à leur concitoyens occidentaux. Si le musulman veut seulement prendre les droits et ne pas s’acquitter des devoir ce serait hypocrite et cela ne sert pas les musulmans, surtout que le combat du mal ne se fait que par les élections…».
5) Le cheikh Saoudien Saleh al-Munajjid a déclaré : « il faut voter lorsque l’intérêt de la communauté nécessite le vote pour diminuer le mal et amoindrir le préjudice même quand les candidats ne sont pas musulmans, il suffit que l’un d’eux ne soit pas pire que l’autre. Dans ce cas il est autorisé aux musulmans de lui donner leur vote. Il faut savoir aussi que cette question se considère dans l’intérêt de la communauté qu’il faut consulter les savants qui sont au courant des détails. Cela se fait par intérêt et pas par alliance avec les mécréants, tout comme lorsque les premiers musulmans ont soutenu les Romain contre les Perses lors d’une grande bataille et lorsque les musulmans ont soutenu le Négus d’Abyssinie.»
6) Le cheikh Abd Al-Karim Zaydan a dit « il est autorisé aux musulmans de participer aux élections dans les pays de leur résidence quand cela s’avère utile. Il a appuyé sa fatwa sur l’autorisation du prophète aux musulmans de son époque d’aller chercher refuge auprès des chrétiens/ al-jiwâr, et l’autorisation de prononcer le kofr par la langue sans croire par le cœur pour préserver sa vie, donc, les élections préserve les droits…» (voire Dr Zaydan recherche présentée à la ligue du monde musulman sous le titre la démocratie et la participation des musulmans p. 36-38.)
Le Dr. Salah Sultan impose ces conditions : (voire son livre la participation des musulmans dans les élections américaine et son obligations juridique. Sultan publishing. Ed. 2004)
- Il faut que les intérêts de la communauté musulmane soient plus importants que les préjudices.
- Il faut que le vote des musulmans soit uni sur un candidat utile à la communauté et à la société en général.
- Il faut voter pour le candidat qui est pour la justice sociale et les droits des citoyens sans discrimination.
- Il faut viser la concrétisation des intérêts collectifs et pas les opportunités individuelles.
Fatwa des conseils :
- Le conseil européen de la fatwa avec plus de 30 savants reconnus : le conseil a émis une fatwa sur la nécessité que les musulmans participent aux élections pour protéger leurs acquis et défendre leurs droits et contribuer à la prospérité de leur société d’accueil que ce soit en Europe ou en Amérique.
- Le conseil de fatwa des Usa avec la présence de plus de 60 savants en 1999 a Détroit Michigan USA a émis la fatwa que les musulmans doivent voter pour faire promotion du bien et combattre le mal et préserver leur droits.

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Nous espérons que nos frères qui émettent des fatwas contre le vote se réveillent. Qu’ils comprennent que lorsqu’ils interdisent le vote aux musulmans ils transgressent l’islam en faisons promotion des extrémistes islamophobes et en maintenant les musulmans à la marge de la société. Car l’abstention des musulmans ne profitent qu’aux islamophobes et aux racistes. Il faut laisser les savants trancher dans des questions pareils car Allah ne demande pas aux musulmans de faire ce qui dépassent leur possibilité, mais ces gens-là accablent les musulmans en leur demandant d’appliquer la loi islamique dans un pays non musulman c’est complètement absurde.

Dr Tahar MAHDI
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Mai 2012
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